Il a fallu me faire une piqûre, alors j’ai commencé à paniquer, je n’arrivais pas à respirer et le monsieur qui était là m’a demandé de parler de mon travail et cette question m’a encore plus empêchée de respirer.
Le bruit qui court ne suffit pas
Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Agathe Boulanger et Signe Frederiksen, co-autrices du livre Ce que Laurence Rassel nous fait faire (Paraguay Press, 2020), mettent en résonance les pratiques de leurs invité·es, acteur·ices du monde de l’art et du monde tout court, avec des passages de ce livre. Réalisé à partir d’entretiens menés avec Laurence Rassel, à l’époque directrice de l’École de recherche graphique à Bruxelles, le livre présente sa pratique inspirée du féminisme, du logiciel libre, de la science-fiction et de la psychothérapie institutionnelle. Dans cette émission, les invité·es déploient à leur tour les outils qu’iels ont façonné au service d’une pratique qui se crée sur le terrain.
Saison 1, épisode #4 - Conversation entre Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Pour ce dernier épisode de la saison 2 de Le bruit qui court ne suffit pas, nous avons voulu nous retrouver toutes les deux pour refermer ce cycle, et en faire une sorte de conversation-bilan qui nous permette d’articuler ces rencontres et la manière dont elles ont pu faire écho en nous. Nous parlons de nos expériences et réfléchissons sur les intérêts qui ont animé ce dialogue, entre nous et avec nos invité·es, en se décalant du monde de l’art.
Par la création d’une crèche sauvage, d’une radio locale, ou d’une école alternative, les rencontres de cette saison nous ont amenées à penser la création d’espaces en marge de ce qui existe déjà, au service de l’apprentissage à plusieurs et de la fabrication d’une communauté en capacité de penser l’accueil de la parole, du collectif et des responsabilités partagées.
Musique
Malvina Reynolds, I Don’t Mind Failing, 1967
Metallica, Nothing Else Matters, 1991
Les éléments sonores musicaux dans l’émission sont extraits du morceau Cocksinger de Valentin Goostman.
Émission enregistrée à la Brasserie Atlas, le 12 mai 2026
Réalisation : Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Mixage : Mathias Dupaquier
À la petite école, on milite autrement, par cette manière de prendre le temps, d’offrir une espèce de bulle de repère, de refuge.
Le bruit qui court ne suffit pas
Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Agathe Boulanger et Signe Frederiksen, co-autrices du livre Ce que Laurence Rassel nous fait faire (Paraguay Press, 2020), mettent en résonance les pratiques de leurs invité·es, acteur·ices du monde de l’art et du monde tout court, avec des passages de ce livre. Réalisé à partir d’entretiens menés avec Laurence Rassel, à l’époque directrice de l’École de recherche graphique à Bruxelles, le livre présente sa pratique inspirée du féminisme, du logiciel libre, de la science-fiction et de la psychothérapie institutionnelle. Dans cette émission, les invité·es déploient à leur tour les outils qu’iels ont façonné au service d’une pratique qui se crée sur le terrain.
Saison 1, épisode #3 - La Petite école
Dans cet épisode, Marie Pierrard, co-fondatrice et directrice de La Petite école nous parle de son travail. La petite école est un dispositif pédagogique et thérapeutique de pré-scolarisation,
fondée en 2016 par deux enseignantes, Marie Pierrard et Juliette Pirlet. Elle se situe dans une ancienne boutique des marolles, à Bruxelles, où elle accueille des enfants de l’exil, qui n’ont jamais ou très peu été à l’école. Elle constitue ainsi un lieu de transition vers ”la grande école” en proposant une première expérience de la scolarité et de ses codes.
Musique
Andro Drom, Keren Chave, 1995
Teofilo Chantre, Roda Vida, 2000
Les éléments sonores musicaux dans l’émission sont extraits du morceau Cocksinger de Valentin Goostman.
Émission enregistrée à La petite école à Bruxelles, le 15 octobre 2025
Réalisation : Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Mixage : Mathias Dupaquier
La rue Piat, avec son jardin complètement déglingué, c’était un terrain d’aventure, de liberté.
Le bruit qui court ne suffit pas
Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Agathe Boulanger et Signe Frederiksen, co-autrices du livre Ce que Laurence Rassel nous fait faire (Paraguay Press, 2020), mettent en résonance les pratiques de leurs invité·es, acteur·ices du monde de l’art et du monde tout court, avec des passages de ce livre. Réalisé à partir d’entretiens menés avec Laurence Rassel, à l’époque directrice de l’École de recherche graphique à Bruxelles, le livre présente sa pratique inspirée du féminisme, du logiciel libre, de la science-fiction et de la psychothérapie institutionnelle. Dans cette émission, les invité·es déploient à leur tour les outils qu’iels ont façonné au service d’une pratique qui se crée sur le terrain.
Saison 1, épisode #2 - La crèche QUI ?
Aujourd’hui, nous accueillons Danuska et Tufan USAL, co-fondateur·ices, avec un groupe de parents, d’une des premières crèches sauvage en France, la crèche QUI? : Quel Univers Inventer ? née en 1978, dans un squat de la place des fêtes dans le 19ème arrcondissement à Paris. L’objectif de ces jeunes parents était alors de pouvoir élever leurs enfants, aux côtés d’autres parents, en participant à la vie collective et quotidienne.
Avec d’autres, ils ont été à l’origine de la création de cette structure millitante, en recherche d’autres modèles éducatifs que ceux qui prédominaient. Il s’agissait d’inventer un mode de vie qui ne soit pas figé par les rapports de force, les systèmes et les valeurs établies, et qui soit fondé sur la responsabilisation, l’accompagnement vers l’autonomie, le refus de la coercision et de la violence et la recherche du dialogue.
Musique
Jimi Hendrix, Devil in Disguise, 1967
Jimi Hendrix, Little Wing, 1967
Les éléments sonores musicaux dans l’émission sont extraits du morceau Cocksinger de
Valentin Goostman.
Émission enregistrée dans le studio *Duuu Folie N4/La Villette, le 21 mars 2025
Réalisation : Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Prise de son et montage : Arthur Bécart, Sampson Staples, Morgane Charles
Mixage : Mathias Dupaquier
On met des sons de cloche dans la matinale, des angélus, qui ne sonnent jamais à la bonne heure, ça arrive n’importe quand. à 7h23, il y a un angélus qui sonne, mais il y a aussi des TGV qui passent dans la rue.
Le bruit qui court ne suffit pas
Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Agathe Boulanger et Signe Frederiksen, co-autrices du livre Ce que Laurence Rassel nous fait faire (Paraguay Press, 2020), mettent en résonance les pratiques de leurs invité·es, acteur·ices du monde de l’art et du monde tout court, avec des passages de ce livre. Réalisé à partir d’entretiens menés avec Laurence Rassel, à l’époque directrice de l’École de recherche graphique à Bruxelles, le livre présente sa pratique inspirée du féminisme, du logiciel libre, de la science-fiction et de la psychothérapie institutionnelle. Dans cette émission, les invité·es déploient à leur tour les outils qu’iels ont façonné au service d’une pratique qui se crée sur le terrain.
Saison 1, épisode #1 - Radio PSG matin
Nous accueillons GRCN, DNS et LPTTCHN, co-fondateur·ices de radiopsgmatin, qui depuis 2018, produit la matinale, une émission d’expérimentation radiophonique, improvisée, en direct et en public, depuis le Vanilla Café au Pré Saint-Gervais, un lundi sur deux, de 7h à 9h. Radiopsgmatin se fabrique avec les habitant·es, celleux de passage, les ouvrier·es qui s’y retrouvent avant d’aller sur le chantier, et elle se déplace aussi hors les murs du Vanilla, dans le quartier, pour parler avec les personnes qui se trouvent là, par hasard, pour décrire et
transmettre dans une forme contemplative, très connectée au réel, ce qui arrive ici et maintenant.
Pièces sonores choisies par DNS et GRCN :
Enregistrement d’un lavomatic, collection personnelle de DNS.
Extrait d’une performance réaliséee par des étudiant.es de l’ENSAD de Nancy en 2024 lors d’un worshop son expérimental dans les escaliers de l’école.
Les éléments sonores musicaux dans l’émission sont extraits du morceau Cocksinger de Valentin Goostman.
Émission enregistrée dans le studio *Duuu Folie N4/La Villette, le 19 mars 2025
Réalisation : Agathe Boulanger et Signe Frederiksen
Prise de son et montage : Morgane Charles
Mixage : Aurore Portales
Jamais je retourne chez ces fous.
Sonore documentaire : récits, lieux, archives
12 - Les écotones : Anna-Lucia Verdier 00’00
13 - Invisible pain : Valeria Cristiani 04’57
14 - Shape of my heart : Charlotte Leroux 07’35
15 - Un appel : Yulia Tarnovskaia 11’16
16 - Comme la pluie en été : Myrtille Charvet 16’32
17 - Quête : Paulvi Ngimbi 20’13
18 - A Machahu : Nina Ldjida Zermani 24’13
19 - Le Pire Week-end de Ma Vie : Suzanne Tersiguel 26’58
20 - Who is she ? : Thaïs Ayrault 30’02
21 - Speak for/to yourself : Grâce Emmanuella Rabet 33’38
22 - de l’or dans les mains : Fantine Lefevre 40’07
23 - La malédiction des sons : Naama Al Alwani 44’31
Un assemblage de pièces sonores créés dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Quand on survit à la guerre, les sons prennent une saveur différente.
Après la guerre, les sons ne se taisent pas. Même en sécurité, ils réveillent la mémoire. Car survivre ne signifie pas oublier, et nous, êtres humains, continuons de tourner dans le même cercle de violence.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
J’ai toujours laissé un peu à manger dans le fond de la casserole.
J’ai grandi avec une sœur jumelle, et aujourd’hui ? Quelles traces cet héritage laisse-t-il dans ma manière de concevoir les relations sociales ? Ce sont ces questionnements qu’aborde brièvement et spontanément cette pièce sonore.
Voix et piano : Nina Zermani
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Il faut quand même apprendre à réfléchir un peu.
Je pense qu’on a tous eu cette habitude, en public on se parle à nous-mêmes, on fait des monologues dans notre tête et quand on est chez soi, on parle tout seul, à voix haute, c’est très thérapeutique je trouve.
Mais pour revenir au sujet, je voulais représenter un trajet classique, d’un point A à un point B, en montrant ce qui peut traverser l’esprit d’une personne, qui essaye de penser pour faire passer le temps. Cette idée m’est aussi venue après avoir passé presque 2 ans sans casque audio ni écouteurs, ce qui fait que j’ai dû plusieurs fois sortir de chez moi et supporter le bruit extérieur. Et je me suis rendu compte que c’était plus compliqué de penser à cause du vacarme. La ville c’est bruyant ça on le sait mais j’avoue que j’ai été rapidement irrité par le bruit des travaux, des stations de métro, du RER, du bus, de la rue, des gens. J’aime pas les transports en commun, j’ai mes raisons mais combiner avec le bruit du dehors c’est un tout qui est plus angoissant et anxiogène je trouve, c’est pour ça que dans l’audio y a des passages où le bruit l’emporte sur les pensées, je trouve ça plus réaliste.
Je tiens à préciser que le but n’était pas de reproduire le bruit d’un environnement mais plutôt le chaos dans la tête, le fait que les pensées ne tiennent pas en place, qu’on change de sujet, qu’on l’oublie, qu’on se met à écouter de la musique, etc.
Et en parlant de musique (superbe transition), je vous donne celles utilisées dans mon petit documentaire :
Tyler, The Creator - A BOY IS A GUN (Instrumental)
Tyler, The Creator - A BOY IS A GUN
Ponderosa Twins Plus One - Bound
Thundercat - Them Changes
Petit cadeau pour votre playlist. Merci d’avoir lu mon texte !
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Elle n’est clairement pas dans une position naturelle.
”Who is she ?” est une pièce sonore qui explore la porosité entre le son et l’image. Dans une forme de portrait spéculatif, des personnes observent la photographie d’une jeune femme et partagent leurs ressentis. Les imaginaires autour de ce portrait surgissent, se rejoignent s’entrechoquent, et tissent une polyphonie d’interprétations qui révèle moins la personne photographiée que celles et ceux qui la regardent.
L’écoute invite les auditeurs et auditrices à partager cette expérience, en explorant la perception visuelle par une autre porte d’entrée, le son.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Jamais je retourne chez ces fous.
Cette pièce sonore, sous le prisme de la nostalgie et de l’autodérision, propose de se plonger dans le monde du scoutisme et des premières expériences qui s’y vivent. Construite comme un collage, elle mêle différents types d’enregistrements, brouillant les temporalités et les souvenirs.
Entre récit intime et regard distant, la pièce questionne la façon dont on se remémore : ce qu’on conserve, ce qu’on altère, et ce qu’on remet en scène.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Une simple intonation se transformait en un geste d’une infinie douceur.
Lorsque la Lune traque mon ombre et que mes songes s’allongent
Ils fondent à la chaleur de tes bras.
Comme une enfant, je cherche après toi,
Partout.
Fait gronder ton cœur,
Donne leur le plus beau des orages,
Et rappelle leur que tu veilles,
Et veilleras toujours,
Maman, tu portes la nuit à merveille.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Ils étaient venus les mains pleines de paroles blanches comme l’hostie.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de mes recherches autour de l’iconographie du réveil et des imaginaires critiques. Il prend ici la forme du son.
« Quête » est un projet sonore en cours qui explore la continuité des logiques coloniales dans certaines pratiques religieuses contemporaines. À travers des voix de dérive et de perte, l’œuvre déploie une polyphonie sonore. L’attente du message hier colonial, aujourd’hui religieux, révèle des formes renouvelées de domination, de violence et de mort.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Les cris aussi, tombent comme la pluie en été.
« Lorsque les crimes commencent à s’accumuler, ils deviennent invisibles. Lorsque les souffrances deviennent insupportables, les cris ne sont plus entendus. Les cris, aussi, tombent comme la pluie en été. »
Bertolt Brecht
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Certaines choses, je les ai oubliées pour toujours.
Parfois, un seul appel suffit pour remettre le monde à sa place.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Son divorce avec l’humanité commence à l’instant où il pleure sur le cheval.
À quel moment nos chemins se sont-ils séparés ?
À quel instant nous sommes-nous éloignés de l’animal, de la nature, du vivant ?
Construire, nommer, domestiquer, transformer, maîtriser : telles sont les règles érigées en principes qui régissent notre monde moderne. Ses progrès techniques et technologiques ont progressivement modifié notre manière d’habiter le monde, nous éloignant peu à peu de certains rythmes, de certains instincts, de certaines formes de présence. Nous avons appris à nous
protéger du dehors, jusqu’à parfois ne plus savoir comment y entrer.
Mais que reste-t-il de l’animal en nous ?
Peut-être l’animal, de la même façon que le ferait un miroir, nous renvoie-t-il à notre propre image et à ce que nous tentons d’atténuer, de lisser : Le corps, l’instinct, l’écoute, le mouvement, le besoin de l’autre. Peut-être est-ce pour cela que nous continuons à prendre soin des chiens ou à regarder courir les chevaux ; peut-être retrouvons-nous dans leurs mouvements, fascinés, quelque chose qui nous échappe, des restes, quelque chose de nous, avant même que nous cherchions à nommer le monde.
Finalement, les présences se mélangent, les souffles se superposent, les existences ne se distinguent plus. Avec l’animal, les mots ne sont plus nécessaires, quelque chose se transmet sans être dit. En le contemplant et en cherchant à le comprendre, c’est aussi nous-mêmes que nous essayons de déchiffrer.
Alors peut-être nous faut-il écouter, être attentifs aux souffles qui se croisent, aux instincts qui se délient, aux altérités qui résonnent et se répondent en silence, écouter pour tenter de retrouver et de toucher du bout du doigt ce qui, indéniablement, nous relie.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Suppression du corps, écho de la violence.
Qu’advient-il de notre humanité lorsque notre propre corps devient l’instrument de sa propre douleur ?
À Belgrade, le 15 mars 2025, l’immatérialité du son a été détournée en instrument de violence. Cette pièce sonore s’intéresse à la mécanique des armes soniques qui transforment un corps réceptif en une caisse de résonance forcée de la brutalité humaine. Le son, dans sa spécificité immatérielle, est ici détourné pour devenir vecteur de cruauté.
Mon travail expose le corps utilisé comme chambre d’écho de la violence : une agression sans contact apparent qui déresponsabilise l’acte de blesser et déshumanise, en faisant du corps le médium même de l’oppression.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Ici, les bruits pèsent sur la ville comme un couvercle.
La pièce sonore Les écotones explore les zones lisières, les espaces frontières. Elle s’intéresse à ce concept issu des sciences écologiques : un espace de transition entre deux milieux, qu’ils soient naturels ou urbanisés. Les écotones sont des espaces habités, partagés par les vivants qui se pensent autant d’un point de vue spatial que sonore. Les sons des espèces, des végétaux, des éléments s’y rencontrent, et entrent en contact dans différents spectres de fréquences.
Dans nos villes industrielles, ces espaces tendent à devenir monolithiques. Les bruits de nos modernités envahissent tout : vrombissement de l’autoroute, vacarme des avions. Entre fiction
spéculative, field recording et poésie, cette pièce propose d’imaginer de nouveaux écotones à l’intérieur de nos villes plutôt que de documenter les existants. Une invitation à tendre l’oreille vers les crissements des vers de terre, les grésillements des ondes électromagnétiques, à se balader dans ces espaces réinventés où s’écoute autrement la porosité des milieux vivants.
Voix : Thaïs Ayrault, Anna-Lucia Verdier
Extraits de textes personnels et issus de : David Dunn, 2011, Extractions des espaces sauvages. Cybernétique de l’écoute, écologie sonore. Textes 1981-2011.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Je n’ai pas de chance car je tire deux dates la première étant certes comme la seconde d’été mais d’un saint de même que la seconde alors que j’aurais souhaité tirer par hasard celle d’une sainte.
Écoutez un·e poéte·sse lire ses textes, entendez sa voix, parcourons son œuvre de son premier à son dernier poème.
« Une formule magique est un mot, une phrase, un texte qui une fois lu ou prononcé est censé produire un effet inhabituel (magique). Elle a donc l’ambition d’être un acte de langage. » (Wikipédia).
Formule magique croit au pouvoir de la voix des poète·sse·s pour vous emmener dans leur œuvre. Elle est une discussion autour d’un micro, une présentation chronologique de l’œuvre en train de se construire, un hommage modeste à Poésie ininterrompue, émission de Claude Royet-Journoud qui a fait entendre sur France Culture de 1975 à 1978 la voix vivante des poète·sse·s lisant leurs propres textes.
Formule Magique #8 : Antoine Dufeu
Antoine Dufeu est né à Laval en 1974 et vit à Paris. Il est poète et écrivain. Après avoir été contrôleur de gestion dans une multinationale américaine et journaliste dans la presse automobile, il est également enseignant en écriture et en édition en école d’art et de design. Il a fondé et dirige la plateforme de recherche et d’édition Lic depuis 2012, co-dirige avec Frank Smith la revue de poésie RIP et forme avec l’artiste Valentina Traïanova le duo Lubovda.
Bibliographie de sa Formule Magique :
Surtout tout à part (extrait), Poésie Express, 2000 (épuisé)
(9) premières maculations, Trame Ouest, Arras, 2001 (épuisé)
Secrets 2 avec Charles Pennequin, MERH, Nantes, 2002 (épuisé)
NHL 1.1, Mix., Paris, 2002 (épuisé)
Caca-exercices, MERH, Nantes, 2002 (épuisé)
L’Inch’ à l’as (extrait), par Sonia Jeuland, Mix., Paris, 2004 (épuisé)
inch’menschen, collection Noire, éditions Mix., Paris, 2004
Nous, collection Noire, Mix., Paris, 2006
SEnsemble, collection Expériences poétiques, le clou dans le fer, 2008
Vinagi gotov, collection Noire, Mix., Paris, 2009
Amour singulier, accompagné de Élans par Marius Guérin, Dernier Télégramme, 2010
Abonder, NOUS, Caen, 2010
AGO – autoportrait séquencé de Tony Chicane, collection Série QR, Le Quartanier, Montréal (Canada), 2012
Blancs, Cneai =, 2014
Les revues RIP (éditions Lic), journal faire (éditions Mix), Multitudes, Mir (éditions IKKO) et la revue parlée Rire pourquoi faire, 2024
Nous abstraire, collection Philox, éditions de l’Attente, 2022
Blanchiment, KC éditions, 2025
Un format proposé et animé par Nathalie Lacroix pour *Duuu.
Nathalie Lacroix a créé la librairie Le Comptoir des mots (Paris, 20ème) avant de partir diriger la librairie Albertine (New York). Elle aime faire découvrir les textes, les auteur.e.s et les artistes qui lui tiennent à cœur par tous les moyens qu’elle peut imaginer. Elle est présidente de l’association Le bureau des activités littéraires qui a édité la revue en live, en ligne et en papier NZ de 2013 – 2021. Entre textes et images, elle organise des rencontres et des événements publics en Île-de-France, en France et à l’international.
Générique par Lutèce Lockness, extrait de son premier album Le Châ parû en juin 2026 chez Pan European Recording.
Une émission enregistrée le 5 décembre 2025.
Enregistrement et post-production : Mathias Dupaquier
There is nothing to see, only Lithuanian flag
Radio Atatakai is a radio art project and station run by artists Tata Frenkel and dr. Jan Glöckner. Jan’s research interest is choreographic potential of fungi and humans, with a focus on biotechnology, deep tank fermentation, radio and dance. And Tata’s artistic practice encompasses radio, radio-acoustic instruments, diagrammatic drawings, and performative narratives in which the limits of articulation, themes of health and care, and the communication physics intertwine.
Radio Atatakai calls itself a tiny intergalactical station that runs two big sub-programs called “Autonomous education for radio spectrum” and “Fundamental principles of permanent fun”. But maybe that’s the least interesting thing about it. Jan lives with rapidly progressing ALS, while Tata is Jan’s main caretaker. Hence the radio exists in the routine of palliative care. Since the beginning of the Radio Atatakai, it has been transmitting through the high resistance of medical crisis, it was and still is bringing meaning, ground and freedom to create, communicate, share and just to stay yourself when the disease takes one’s ability to participate physically.
Radio Atatakai wants to emphasize voices, unseen bodies, radio sky that belongs to everybody. Palliative arts is something that cares for the end, doesn’t ignore it, doesn’t mystify it, it is about care in multitude of its forms. At the same time, for us, it mainly affects the framework, the flexible curation of the transmissions – station is completely adjusted so it’s good for one’s condition, so it’s fun without any damage to energy levels, a producer is also a caregiver, we totally live by unpredictability, by easying the symptoms.
In this show, we have a small restrospective trip that happens somewhere outside.
Music and editing by Tata Frenkel. Voices: Jan Glöckner and Tata.
Un ancien océan sur le sommet d’une montagne.
À l’écoute d’artistes en pleine recherche, le programme « Recherche artiste » saisit cette phase du processus créatif préalable à la production finale, durant laquelle les pistes de travail restent grandes ouvertes. C’est le temps des investigations, des rencontres, des conversations, des hypothèses et des obsessions. Polymorphe, émancipée et indisciplinée, la recherche artiste élabore ses propres méthodes. Elle se fait en quête, en résidence ou en mouvement, en lisant ou en écrivant, en marchant ou en dansant. Et si toutes les recherches ne donnent pas systématiquement une œuvre, aucune n’est jamais totalement perdue : abouties ou inabouties, elles forment la partie immergée de l’iceberg, souvent fondatrices.
Recherche artiste #2 - Célia Gondol, à la recherche des abysses sur les cimes
Issue de formations en danse et aux beaux-arts, Célia Gondol (1985) navigue entre plusieurs disciplines qui s’influencent mutuellement : la danse contemporaine pratiquée en tant qu’interprète et chorégraphe, le chant, la performance, l’installation, la vidéo, mais aussi l’apnée. Dans ses projets, le mouvement, l’énergie et la vibration des corps résonnent avec l’actualité de la recherche en physique, en astrophysique, en exobiologie ou en paléontologie…
Les œuvres de l’artiste résultent souvent de collaborations avec des scientifiques, des poètes ou des artisans, avec lesquels elle parvient à matérialiser l’inconcevable : l’infiniment lointain de l’espace et du temps, sur des modes cosmiques ou cosmologiques. Cela peut s’incarner dans une longue traîne de jacquard de soie où apparaissent tissées de récentes images d’étoiles et de galaxies (Observable d’Apeiron, 2014) ; dans des mandalas de graines déposées au sol, arrangées à la manière d’observations de physique quantique (A sculptural encyclopedia of collisons, 2017-2022) ; ou de bulles de verre soufflées contre les reliefs de fossiles marins persistant au sommet de certaines montagnes (Ice memories, 2023).
Docteure en histoire de l’art, Hélène Meisel est critique et commissaire d’exposition indépendante. Elle enseigne l’histoire des arts et la théorie à l’École des Beaux-Arts de Bretagne, à Rennes.
Une émission enregistrée entre 2024 et 2026, à Paris.
Voix : Célia Gondol, Hélène Meisel
Réalisation : Hélène Meisel
Extraits sonores : NASA, ESA, and the Hubble Heritage Team (STScI/AURA), Sonification of the Bubble Nebula, Sonification: SYSTEM Sounds (M. Russo, A. Santaguida); Carina Nebula (All); Chandra Deep Field South (X-ray) ; Célia Gondol, O Universo Nu (2019), chant performé par plusieurs choristes, 20’, 2022, à la Maison de la Culture d’Amiens.