Jamais je retourne chez ces fous.
Sonore documentaire : récits, lieux, archives
12 - Les écotones : Anna-Lucia Verdier 00’00
13 - Invisible pain : Valeria Cristiani 04’57
14 - Shape of my heart : Charlotte Leroux 07’35
15 - Un appel : Yulia Tarnovskaia 11’16
16 - Comme la pluie en été : Myrtille Charvet 16’32
17 - Quête : Paulvi Ngimbi 20’13
18 - A Machahu : Nina Ldjida Zermani 24’13
19 - Le Pire Week-end de Ma Vie : Suzanne Tersiguel 26’58
20 - Who is she ? : Thaïs Ayrault 30’02
21 - Speak for/to yourself : Grâce Emmanuella Rabet 33’38
22 - de l’or dans les mains : Fantine Lefevre 40’07
23 - La malédiction des sons : Naama Al Alwani 44’31
Un assemblage de pièces sonores créés dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Quand on survit à la guerre, les sons prennent une saveur différente.
Après la guerre, les sons ne se taisent pas. Même en sécurité, ils réveillent la mémoire. Car survivre ne signifie pas oublier, et nous, êtres humains, continuons de tourner dans le même cercle de violence.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
J’ai toujours laissé un peu à manger dans le fond de la casserole.
J’ai grandi avec une sœur jumelle, et aujourd’hui ? Quelles traces cet héritage laisse-t-il dans ma manière de concevoir les relations sociales ? Ce sont ces questionnements qu’aborde brièvement et spontanément cette pièce sonore.
Voix et piano : Nina Zermani
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Il faut quand même apprendre à réfléchir un peu.
Je pense qu’on a tous eu cette habitude, en public on se parle à nous-mêmes, on fait des monologues dans notre tête et quand on est chez soi, on parle tout seul, à voix haute, c’est très thérapeutique je trouve.
Mais pour revenir au sujet, je voulais représenter un trajet classique, d’un point A à un point B, en montrant ce qui peut traverser l’esprit d’une personne, qui essaye de penser pour faire passer le temps. Cette idée m’est aussi venue après avoir passé presque 2 ans sans casque audio ni écouteurs, ce qui fait que j’ai dû plusieurs fois sortir de chez moi et supporter le bruit extérieur. Et je me suis rendu compte que c’était plus compliqué de penser à cause du vacarme. La ville c’est bruyant ça on le sait mais j’avoue que j’ai été rapidement irrité par le bruit des travaux, des stations de métro, du RER, du bus, de la rue, des gens. J’aime pas les transports en commun, j’ai mes raisons mais combiner avec le bruit du dehors c’est un tout qui est plus angoissant et anxiogène je trouve, c’est pour ça que dans l’audio y a des passages où le bruit l’emporte sur les pensées, je trouve ça plus réaliste.
Je tiens à préciser que le but n’était pas de reproduire le bruit d’un environnement mais plutôt le chaos dans la tête, le fait que les pensées ne tiennent pas en place, qu’on change de sujet, qu’on l’oublie, qu’on se met à écouter de la musique, etc.
Et en parlant de musique (superbe transition), je vous donne celles utilisées dans mon petit documentaire :
Tyler, The Creator - A BOY IS A GUN (Instrumental)
Tyler, The Creator - A BOY IS A GUN
Ponderosa Twins Plus One - Bound
Thundercat - Them Changes
Petit cadeau pour votre playlist. Merci d’avoir lu mon texte !
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Elle n’est clairement pas dans une position naturelle.
”Who is she ?” est une pièce sonore qui explore la porosité entre le son et l’image. Dans une forme de portrait spéculatif, des personnes observent la photographie d’une jeune femme et partagent leurs ressentis. Les imaginaires autour de ce portrait surgissent, se rejoignent s’entrechoquent, et tissent une polyphonie d’interprétations qui révèle moins la personne photographiée que celles et ceux qui la regardent.
L’écoute invite les auditeurs et auditrices à partager cette expérience, en explorant la perception visuelle par une autre porte d’entrée, le son.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Jamais je retourne chez ces fous.
Cette pièce sonore, sous le prisme de la nostalgie et de l’autodérision, propose de se plonger dans le monde du scoutisme et des premières expériences qui s’y vivent. Construite comme un collage, elle mêle différents types d’enregistrements, brouillant les temporalités et les souvenirs.
Entre récit intime et regard distant, la pièce questionne la façon dont on se remémore : ce qu’on conserve, ce qu’on altère, et ce qu’on remet en scène.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Une simple intonation se transformait en un geste d’une infinie douceur.
Lorsque la Lune traque mon ombre et que mes songes s’allongent
Ils fondent à la chaleur de tes bras.
Comme une enfant, je cherche après toi,
Partout.
Fait gronder ton cœur,
Donne leur le plus beau des orages,
Et rappelle leur que tu veilles,
Et veilleras toujours,
Maman, tu portes la nuit à merveille.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Ils étaient venus les mains pleines de paroles blanches comme l’hostie.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de mes recherches autour de l’iconographie du réveil et des imaginaires critiques. Il prend ici la forme du son.
« Quête » est un projet sonore en cours qui explore la continuité des logiques coloniales dans certaines pratiques religieuses contemporaines. À travers des voix de dérive et de perte, l’œuvre déploie une polyphonie sonore. L’attente du message hier colonial, aujourd’hui religieux, révèle des formes renouvelées de domination, de violence et de mort.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Les cris aussi, tombent comme la pluie en été.
« Lorsque les crimes commencent à s’accumuler, ils deviennent invisibles. Lorsque les souffrances deviennent insupportables, les cris ne sont plus entendus. Les cris, aussi, tombent comme la pluie en été. »
Bertolt Brecht
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Certaines choses, je les ai oubliées pour toujours.
Parfois, un seul appel suffit pour remettre le monde à sa place.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Son divorce avec l’humanité commence à l’instant où il pleure sur le cheval.
À quel moment nos chemins se sont-ils séparés ?
À quel instant nous sommes-nous éloignés de l’animal, de la nature, du vivant ?
Construire, nommer, domestiquer, transformer, maîtriser : telles sont les règles érigées en principes qui régissent notre monde moderne. Ses progrès techniques et technologiques ont progressivement modifié notre manière d’habiter le monde, nous éloignant peu à peu de certains rythmes, de certains instincts, de certaines formes de présence. Nous avons appris à nous
protéger du dehors, jusqu’à parfois ne plus savoir comment y entrer.
Mais que reste-t-il de l’animal en nous ?
Peut-être l’animal, de la même façon que le ferait un miroir, nous renvoie-t-il à notre propre image et à ce que nous tentons d’atténuer, de lisser : Le corps, l’instinct, l’écoute, le mouvement, le besoin de l’autre. Peut-être est-ce pour cela que nous continuons à prendre soin des chiens ou à regarder courir les chevaux ; peut-être retrouvons-nous dans leurs mouvements, fascinés, quelque chose qui nous échappe, des restes, quelque chose de nous, avant même que nous cherchions à nommer le monde.
Finalement, les présences se mélangent, les souffles se superposent, les existences ne se distinguent plus. Avec l’animal, les mots ne sont plus nécessaires, quelque chose se transmet sans être dit. En le contemplant et en cherchant à le comprendre, c’est aussi nous-mêmes que nous essayons de déchiffrer.
Alors peut-être nous faut-il écouter, être attentifs aux souffles qui se croisent, aux instincts qui se délient, aux altérités qui résonnent et se répondent en silence, écouter pour tenter de retrouver et de toucher du bout du doigt ce qui, indéniablement, nous relie.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Suppression du corps, écho de la violence.
Qu’advient-il de notre humanité lorsque notre propre corps devient l’instrument de sa propre douleur ?
À Belgrade, le 15 mars 2025, l’immatérialité du son a été détournée en instrument de violence. Cette pièce sonore s’intéresse à la mécanique des armes soniques qui transforment un corps réceptif en une caisse de résonance forcée de la brutalité humaine. Le son, dans sa spécificité immatérielle, est ici détourné pour devenir vecteur de cruauté.
Mon travail expose le corps utilisé comme chambre d’écho de la violence : une agression sans contact apparent qui déresponsabilise l’acte de blesser et déshumanise, en faisant du corps le médium même de l’oppression.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Ici, les bruits pèsent sur la ville comme un couvercle.
La pièce sonore Les écotones explore les zones lisières, les espaces frontières. Elle s’intéresse à ce concept issu des sciences écologiques : un espace de transition entre deux milieux, qu’ils soient naturels ou urbanisés. Les écotones sont des espaces habités, partagés par les vivants qui se pensent autant d’un point de vue spatial que sonore. Les sons des espèces, des végétaux, des éléments s’y rencontrent, et entrent en contact dans différents spectres de fréquences.
Dans nos villes industrielles, ces espaces tendent à devenir monolithiques. Les bruits de nos modernités envahissent tout : vrombissement de l’autoroute, vacarme des avions. Entre fiction
spéculative, field recording et poésie, cette pièce propose d’imaginer de nouveaux écotones à l’intérieur de nos villes plutôt que de documenter les existants. Une invitation à tendre l’oreille vers les crissements des vers de terre, les grésillements des ondes électromagnétiques, à se balader dans ces espaces réinventés où s’écoute autrement la porosité des milieux vivants.
Voix : Thaïs Ayrault, Anna-Lucia Verdier
Extraits de textes personnels et issus de : David Dunn, 2011, Extractions des espaces sauvages. Cybernétique de l’écoute, écologie sonore. Textes 1981-2011.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2026, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Je suis fascinée par toutes les petites plantes qui poussent au bord des trottoirs.
La pièce explore la manière de se connecter au vivant autour de nous, trop souvent oubliés, ces plantes, ces adventices peuvent-elles communiquer avec nous ?
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2025, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Pour vous. Pas vous ! Mais elles.
Les gestes répétés, la pression des paumes, l’empreinte des doigts sur l’argile humide : chaque mouvement est un mot, chaque forme un souffle.
Ici, les femmes de Sejnane n’ont pas seulement des voix, elles ont la matière. La terre parle d’elles et pour elles, elle garde la mémoire d’un savoir. Écouter ce qui s’inscrit dans la main, prêter l’oreille, ne pas chercher à traduire, mais se laisser traverser par le son.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2025, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
La surface devient étrangère. Une fois qu’on vit cette expérience c’est comme une addiction.
Ceci est un projet réalisé à partir de vidéos et d’enregistrements sonores capturés dans un environnement sous-marin. J’ai écrit une prose basée sur les pensées et émotions qui me sont venues à l’esprit lors de mes plongées, en utilisant les enregistrements que j’ai réalisés directement sous l’eau. J’ai ensuite enregistré ma voix en lisant ce texte et l’ai mixée avec ces sons.
Le son commence à 30 mètres de profondeur et remonte progressivement vers la surface.
Dans la seconde partie du projet, j’ai également intégré un enregistrement de sons de pluie, ajusté de manière à s’accorder de manière plus fluide et efficace avec le contenu de la prose.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2025, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Romarin contre les insultes. Sapin argenté contre la méchanceté.
Certains mots résonnent dans nos têtes, même si nous ne les entendons plus. Ils dansent mécaniquement comme des pantins auxquels on ne fait plus attention.
Peut-être qu’on ne reconnaît plus la voix qui les a portés en nous, mais les résidus de celles-ci continuent d’exister.
Il y a des mots qui blessent et des mots qui guérissent. Pourrait-on transformer les traces des mots qui blessent par des mots pourvus d’une force nouvelle, aux qualités régénératrices, telles des fleurs médicinales ?
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2025, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Les Arméniens, j’ai remarqué qu’on a du mal à dire le mot je t’aime.
Là où les langues s’entrelacent, se mêlent et les mots s’échappent et s’égarent, il ne reste que l’écho de l’amour.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2025, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
Voici une histoire amusante sur mon séjour chez une amie, où il n’y avait pas d’eau chaude pour la douche.
Voici une histoire amusante sur mon séjour chez une amie, où il n’y avait pas d’eau chaude pour la douche. Mon amie m’a suggéré de faire chauffer de l’eau avec une bouilloire.
Un jour, en raison de l’état insalubre du logement, il a été annoncé que tout l’immeuble serait évacué le lendemain. Déménager sans cesse, loger chez d’autres… Ce n’est qu’au moment où je me suis brûlée avec l’eau chaude que j’ai réalisé à quel point tout cela était absurde.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2025, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.
bruits qui partent et reviennent
Entre les murs, le son se faufile, murmure et façonne l’invisible.
Il effleure les surfaces, se répercute en écho dans l’espace intime.
Il révèle un passage secret, un dialogue fugace entre l’oreille et le silence, le passé et le présent.
Une pièce sonore créé dans le cadre du workshop « Sonore documentaire : récits, lieux, archives » encadré par Némo Camus en janvier 2025, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.