En direct
Volume
Les Voix de la Vallée (1)
08.12.22
Écouter

Les Voix de la Vallée #01
Emanuele Coccia et Fatoumata Kébé

Le ciel est-il devenu une poubelle ? Débris spatiaux et forme de la Terre vue de l’espace
jeudi 08 décembre 2022
19h00 — 20h00

Dans le cadre de l’exposition La Vallée de Fabrice Hyber, la Fondation Cartier invite Fatoumata Kébé, astrophysicienne, et Emanuele Coccia, philosophe, à inaugurer le premier cours du soir Les Voix de la Vallée. Au sein de l’exposition, ils dialogueront en public afin d’éprouver les hypothèses proposées par Fabrice Hyber dans ses toiles.

Ce soir, prenant appui sur les œuvres Le Musée du plastique, Pente d’eau, Artifice New World, Nouvelle répartition du monde ou encore Nouveau monde, ces deux experts dans leur domaine se poseront la question : « Le ciel est-il devenu une poubelle ? » et échangeront sur les thèmes des débris spatiaux, du complotisme ainsi que de la forme de la Terre vue de l’espace.

Emanuele Coccia
Philosophe italien, Emanuele Coccia est maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales depuis 2011. Il a d’abord suivi une formation en agronomie avant de s’orienter vers la philosophie et la philologie. Après des études à Florence où il a obtenu son doctorat en 2005, il a été invité en tant que professeur-chercheur par les universités de Tokyo, Buenos Aires, Düsseldorf, puis à Columbia et Harvard. Il est l’auteur de La Vie sensible, de La Vie des plantes : une métaphysique du mélange, de Métamorphoses et de Philosophie de la maison. Récemment, il a participé à la réalisation de vidéos d’animation telles que Quercus (2020, avec Formafantasma), Heaven in Matter (2021, avec Faye Formisano) et The Portal of Mysteries (2022, avec Dotdotdot). En 2019 et 2021, il a contribué à l’exposition Nous les Arbres, présentée à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris et au Power Station of Art à Shanghai, ainsi qu’au catalogue publié pour l’occasion. Il a également contribué à l’ouvrage de Damien Hirst Cerisiers en fleurs, publié par la Fondation Cartier en 2021.

Fatoumata Kébé
Docteure en astronomie de Sorbonne Université, Fatoumata Kébé s’est spécialisée dans l’étude de l’environnement spatial et des nébuleuses planétaires. En plus de s’être formée à l’ingénierie spatiale durant un an à l’Université de Tokyo, Fatoumata Kébé a réalisé des stages au sein de l’Agence Spatiale Européenne et autres institutions spécialisées dans le domaine du spatial. Fatoumata Kébé co-préside actuellement le comité des astronomes en début de carrière de l’Union Astronomique Internationale et est membre du comité des jeunes chercheur.se.s de la Royal Astronomical Society. Elle a été nommée par le magazine Vanity Fair comme faisant partie des français·e·s les plus influent·e·s du monde en 2018. Il y a six ans, Fatoumata Kébé a fondé l’association Éphémérides qui promeut la pratique et l’enseignement de l’astronomie auprès du grand public.

Écouter
28.09.22
dans la surface #1 : Safouane Ben Slama
Juliette Hage
29'17"
dans la surface (1)
dans la surface (1)
28.09.22
Écouter

Brétigny-sur-Orge, 2021, plein soleil, plein été. C’est les vacances. Il reste quelques personnes qui errent sur le terrain de football. C’est dans ce contexte que l’artiste Safouane Ben Slama a commencé sa résidence au Centre d’art contemporain de Brétigny, invité par la commissaire d’exposition Camille Martin. Il est allé chercher celles et ceux qui habitent ce réel-là, il les a photographié·es dans la rue, dans le train, assis·es sur des marches, en étant toujours à la recherche de ce qu’il y a en eux·elles de tendre. C’est comme une direction qu’il a choisie, celle de la tendresse, de la main posée délicatement sur l’épaule, du contact timide et prudent d’un corps à un autre. Je ne peux pas m’empêcher de penser à Alice Diop, à son film Vers la tendresse. Je pense aussi à Louisa Yousfi et à son essai Rester Barbare. Nous en avons déjà parlé ensemble, Safouane et moi. Je sais que c’est un texte qui l’a marqué. Car c’est peut-être de cette barbarie dont il est question dans son travail. Pas celle que l’on voit dans les journaux ou à la télévision. Il s’agit ici de cette barbarie intime et vitale, ce petit feu à l’intérieur de nous, ce foyer silencieux et nécessaire qui semble dire : « C’est la friche en nous. Notre terre vierge. » (1). Celui-là même dont il ne faudrait garder que les braises pour que l’incendie ne prenne pas, la prochaine fois (2), comme le présageait James Baldwin et le rappelle savamment Louisa Yousfi.
Nous nous sommes rencontrés tous les deux plusieurs fois. Le 8 juin 2022, dans un coin du Centre d’art contemporain de Brétigny-sur-Orge, nous avons parlé de son travail, de sa résidence au CAC, de fratries, de sororités et d’amour révolutionnaire.

Juliette Hage

(1) Louisa Yousfi, Rester Barbare, édition La fabrique, p. 21 (2022)
(2) James Baldwin, La prochaine fois, le feu (1963)

dans la surface est une émission radiophonique proposée par Juliette Hage pour *Duuu dont l’objectif n’est pas de rester à la surface mais, au contraire, de prendre le temps d’aller à l’intérieur de celle-ci. dans la surface propose de ralentir le temps, un instant, pour prendre le pouls d’un·e jeune artiste, faire émerger sa pratique à travers une oeuvre précise, une exposition ou lors d’une visite d’atelier
— là où il y a matière.

Réalisation : Juliette Hage
Montage : Paul Castillon
Jingle : Valentin Fleury