Écouter sans les yeux - workshops et partage de pratiques
01.06.26
Écouter

Duuu propose au printemps 2026 un programme axé autour des dispositifs sonores et situations “sans les yeux”. Les différents rendez-vous, ouverts au public et retransmis en direct sur Duuu Radio, proposent d’altérer les situations de réception et de transmission, d’assumer un rapport sensible à l’inconnu, et de questionner son environnement physique, sonore, visuel.

Spume Voices
Un atelier proposé par Bettina Samson

L’atelier Spume Voices / Voix d’écume s’intéresse à ces voix différentes dans l’intonation, nuançant notre identité, que nous avons potentiellement en nous. L’expérience concrète de l’atelier vise à explorer l’hypothèse de l’existence de ces Alter Voix parmi nous. Des protocoles expérimentaux de lecture, d’improvisation et de transmission de pratique composeront un terrain commun propice à leur manifestation. L’Alter Voix tient de la possession, de la dépossession et de l’émancipation. Proche des voix rencontrées dans le Trouble Dissociatif de l’Identité, l’alter voix est là pour exprimer, revendiquer, amadouer, se venger, réclamer réparation, déclarer sa flamme, faire peur ou faire rire.

L’exploration progressive de nos voix se déclinera en 3 étapes : la fabrication de Paper Spumes / Ecumes de papier, des pliages de papier situés entre pop-up, origami et Muppet, qui serviront de supports de projection des Alter Voix. L’atelier se poursuivra par la contamination des voix lors de la lecture de textes amenés par les participant·es. Enfin, une improvisation encadrée par un·e chef·fe d’orchestre tentera de libérer les Alter Voix.

Enregistrement : Mathias Dupaquier & Matéo Cuin

Écouter
02.02.22
Seumboy Vrainom :€
Sophie Lapalu
62'57"
Formes d’arts & de militantismes (2)
Formes d’arts & de militantismes (2)
02.02.22
Écouter

Formes d’arts & de militantismes #2 : Seumboy Vrainom :€
Une série proposée par Sophie Lapalu

En 2018, j’invite la géographe sociale et porn activiste Rachele Borghi à venir faire une conférence à l’Ecole d’art de Clermont Ferrand sur la façon dont sa recherche sur le porn activisme l’a transformée. A la fin de ce qui s’apparente à une conférence-performance, elle me demande de lui faire un retour, nous, artistes enseignant-es mais aussi étudiant-es car, me dit-elle, nous avons les outils artistiques qui lui manquent.

Me reste depuis une question en suspens : que dois-je répondre à Rachele ? Que peut l’art pour les formes d’activisme ? Impossible pour moi de lui faire un retour avec mon regard déformé à l’art blanc occidental hétéro. J’ai laissé la place aux étudiant-es. Ce dont j’étais sûre cependant, c’est qu’elle avait usé de formats qui me semblaient être également ceux utilisés par les artistes, bien qu’elle ne se réclame pas artiste, mais militante et enseignante. Ce qui est certain également, c’est que sa conférence a marqué durablement toute personne qui y a assisté. La puissance de son discours, allié à un travail de déconstruction de la parole dominante, avait su atteindre son but.

J’ai donc décidé de me tourner vers les artistes et de leur poser ces questions : existe-t-il un espace où les formes d’art et de militantismes peuvent se contaminer ? Où l’art parfois qualifié de social échappe aux éternels critiques d’une pauvreté esthétique et où l’art engagé politiquement ne se voit pas reproché d’être inefficace ? Un espace où l’on ne demande pas aux artistes de choisir entre une position ou l’autre ?

Une émission réalisée par Sophie Lapalu

00
00
00
00