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Plateaux (36)
06.03.21
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En collaboration avec le CAC Brétigny

Mercedes Azpilicueta et Virginie Bobin invitent cinq collaboratrices du projet «Bestiario de Lengüitas» à se réunir pour une conversation autour de leurs pratiques. Rassemblées pour l’occasion dans les studios de *Duuu dans le parc de La Villette, elles nous invitent à imaginer des formes d’engagement et de partage passant par l’écoute, le bruit et la voix, des dimensions essentielles au projet. Modéré par Virginie Bobin, cet échange sera ponctué d’extraits des pièces de Mercedes Azpilicueta, d’interventions plus performatives et de «small gualichos» (de petits sorts auditifs).

«Bestiario de Lengüitas» (Bestiaire des petites langues) est un projet évolutif de l’artiste Mercedes Azpilicueta, en dialogue avec la commissaire d’exposition Virginie Bobin. L’exposition suit le fil d’un scénario écrit par Mercedes Azpilicueta pour une performance qui n’a pas encore eu lieu. Nourries par des ateliers, des collaborations et des répétitions avec des artistes, des chercheur·euse·s, des designer·euse·s, des danseur·euse·s et des chanteur·euse·s, les œuvres présentées invitent un chœur de personnages grotesques à habiter bruyamment la scène de cette performance à venir. Recourant à des systèmes de connaissance obsolètes, des poèmes de style «néobarroso», des traductions ratées et des ingrédients équivoques, elles tentent d’entretenir le chaos et l’excès dans un monde qui appelle à l’ordre, à l’efficacité et à la transparence.

Mercedes Azpilicueta (née à La Plata, Argentine, en 1981) est une artiste visuelle et performeuse qui vit et travaille à Amsterdam et à Buenos Aires. Elle développe des processus de recherche et de production qui explorent les qualités affectives et la dimension politique du langage et de la voix, en lien avec les notions de performativité, de féminisme décolonial et de résistance. En 2018, elle a présenté sa première grande exposition personnelle au Musée d’art moderne de Buenos Aires, après avoir reçu le Pernod Ricard Fellowship (Paris) en 2017 et été artiste en résidence à la Rijksakademie (Amsterdam) en 2015-2016. Elle est titulaire d’une maîtrise en beauxarts (MFA) obtenue en 2013 au Dutch Art Institute/ArtEZ, Arnhem, et d’une licence en beaux-arts (BFA) obtenue en 2007 à l’Université Nationale des Arts (UNA) de Buenos Aires, où elle a également suivi le Programme d’artistes 2009-2010 de l’Université Torcuato Di Tella. Son travail a été exposé à Museion - Musée d’Art Moderne et Contemporain Bozen/Bolzano (2020), au Van Abbemuseum (Eindhoven) et à CentroCentro, Madrid (2019), à la REDCAT Gallery (Los Angeles, 2018), au MACBA (Barcelone, 2018), au Centre d’Art Dos de Mayo (CA2M, Móstoles, 2017), à l’Onomatopee (Eindhoven, 2016), au TENT (Rotterdam, 2015), à Móvil (Buenos Aires, 2015), à l’Irish Museum of Modern Art (Dublin, 2014) et au Het Veem Theatre (Amsterdam, 2014). Elle est représentée par Nogueras Blanchard, Madrid.

Virginie Bobin travaille au croisement de la recherche, des pratiques curatoriales et éditoriales, de la pédagogie et de la traduction. Elle poursuit actuellement un doctorat dans le cadre du PhD-in-practice de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne. En 2018, elle co-fonde avec Victorine Grataloup la plateforme éditoriale et curatoriale Qalqalah. De 2016 à 2018, elle a été Responsable des programmes de la Villa Vassilieff, lieu qu’elle a co-créé. Elle a travaillé pour Bétonsalon - Centre d’art et de recherche, Witte de With, Manifesta Journal, Les Laboratoires d’Aubervilliers et Performa.

Hélène Harder est réalisatrice de films documentaires et s’intéresse notamment aux représentations de genre. Elle travaille actuellement à deux projets au long cours : Casamantes, une pièce transmédia avec Karima El Kharraze; et Fatna, a woman named Rachid, un long-métrage documentaire.

Emmanuelle Lafon est comédienne, metteuse en scène et autrice. Elle nourrit des passions, notamment les collaborations avec d’autres artistes, et les rapports entre écriture et oralité, ou musique, bruit et parole.

Lucile Sauzet est designer, basée à Paris. Son travail se concentre sur les notions de représentation et perception du corps, notamment dans le domaine du soin. Sa pratique comprend aussi bien la création d’objets et costumes expérimentaux que la recherche sur les usages dans une approche sensible, au service des vulnérabilités. En 2017, elle a fondé Flux Initiative, son propre studio de design.

Pauline Simon est chorégraphe et interprète. Sa pratique chorégraphique est marquée par une recherche transdisciplinaire, où la danse se pose comme vecteur autour d’un sujet ou d’un contexte et crée des liens entre l’intime et le politique. En 2020, elle obtient un master à l’EHESS de Paris, et travaille sur une nouvelle création issue de cette recherche, The great Hold up.

Myriam Suchet cherche, et se perd beaucoup. Son parcours littéraire s’est indiscipliné chemin faisant, quelque part entre la France et le Québec. Maître de conférence à la Sorbonne Nouvelle Paris 3, elle est membre de l’Institut Universitaire de France et travaille dans les interstices où les institutions rencontrent d’autres espaces de recherche-action-création. Elle a publié trois ouvrages : L’Imaginaire hétérolingue (Paris, Classiques Garnier, 2014), Indiscipline ! Tentatives d’UniverCité à l’usage des littégraphistes, artistechniciens et autres philopraticiens (Montréal, Nota Bene, 2016) et L’Horizon est ici. Pour une prolifération des modes de relations (Rennes, Éditions du Commun, 2019).

Une émission réalisée en direct le 06 mars 2021 depuis le studio *Duuu situé Folie N4 au Parc de la Villette.

Réalisation : Léo Roche

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05.02.21
Onirocritique #3 : Atelier radiophonique de rêves collectifs
Meris Angioletti, Monica Fantini
50'00"
Radio Bonaventure (5)
Radio Bonaventure (5)
05.02.21
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Radio Bonaventure, éditée par Lilou Vidal pour la Fondation Pernod Ricard.

Carte blanche de Meris Angioletti, en collaboration avec Monica Fantini
Onirocritique #3 : Atelier radiophonique de rêves collectifs

Peut-on intervenir sur la casualité des rêves communs qui pourraient nous habiter en ces temps éprouvants de distanciation généralisée, afin de les diriger et les manipuler pour en faire des rêves lucides collectifs ?
Est-il possible de s’appuyer sur le partage d’une méthodologie de sorte à faire « communier tous les psychismes dans une philosophie du repos » ?
Au début du IIIème siècle le philosophe Artémidore de Daldis entame l’écriture de son œuvre principale l’Onirocritique (« De l’interprétation des rêves »), une vaste compilation de narrations oniriques, classées avec soin, des Grecs et des Romains de l’époque. Du fumier à la flatterie, d’Apollon aux échelles, on y retrouve des images récurrentes, qui semblent traverser les esprits rêveurs, passer d’une expérience onirique à l’autre, selon un principe de vases communicants, où une communauté socialement définie et consciente cède la place à une communauté indisciplinée, aléatoire et nocturne.
En 1867, Léon d’Hervey de Saint-Denys décrivait dans son oeuvre Les rêves et les moyens de les diriger, une méthode à la fois intuitive et expérimentale pour diriger les rêves, qui s’appuie sur l’imagination active pour intervenir directement sur la création du récit du rêve (rêve lucide).
En ce jour du solstice d’hiver (lundi 21 décembre) et de la nuit la plus longue de l’année, l’objectif de cet atelier radiophonique consiste à plonger collectivement et à distance dans la rêverie et de développer un ou plusieurs rêves lucides collectifs.
Suite à cet exercice radiophonique avec Meris Angioletti, au fil du temps, les participant.e.s pourront partager avec l’artiste de manière confidentielle ou anonyme leurs rêves sur cette adresse mail : onirocritiques@gmail.com

Les rêves ainsi collectés seront la transcription d’une communauté éphémère de rêveuses et rêveurs et pourront nourrir, à travers des ateliers de lectures, des exercices partagés ou des textes anonymes, les rêves lucides et collectifs d’autres communautés à venir, selon un processus de pollinisation inconsciente.

Meris Angioletti est diplomée de l’école de Bauer de Milan et de l’Academie des Beaux-Arts de Brera à Milan et chercheuse dans le cadre de l’école doctorale APESA – Paris I. En ancrant son parcours sur l’histoire de l’art et du cinéma, en particulier aux premières formes d’abstraction, aussi bien que sur les sciences cognitives, la psychologie ou l’ésotérisme, les œuvres de Meris Angioletti interrogent les mécanismes de la perception, de la mémoire et de la psyché. Parmi ses expositions récentes: 2019, La vérité n’est pas la vérité, MABA, Nogent-sur-Marne, Couteau sans lame et dépourvu de manche et Le jour des esprits est notre nuit, CRAC Alsace, Altkirch ; 2018, Forme- Pensiero, Galleria Ottozoo, Milan (solo), 2018, Lunaria Annua, Galerie Luis Adelantado, Valencia (solo), 2017, L’anneau et le livre, YGREC, Paris (solo), 2016, Le grand jeu, FRAC Champagne Ardenne (solo).

Monica Fantini est initiatrice et coordinatrice de la plateforme participative www.ecouterlemonde.net, Monica Fantini propose chaque semaine sur Radio France Internationale, l’émission “Ecouter le monde”, invitation douce à explorer l’altérité. Depuis une vingtaine d’années, cette auteure sonore et radiophonique, qui a longtemps travaillé à France Culture, France Inter, la Philharmonie de Paris ou encore avec le collectif l’atelier du Bruit … met le son du quotidien au cœur de sa création. D’abord co-auteure de la ville sonore en ligne Ecouter Paris, elle a poursuivi ses pérégrinations au-delà des frontières. Au travers de réalisations souvent collectives, elle fait appel à des poètes, reporters, anthropologues, ingénieurs du son, ainsi qu’à des habitants dans le cadre d’ateliers. Des archives oubliées trouvent aussi refuge dans ses pièces, échos à la beauté d’œuvres du patrimoine sonore mondial.

Radio Bonaventure est une plateforme éditoriale audio imaginée par la commissaire invitée Lilou Vidal dans le cadre du compagnonnage du Prix Fondation Pernod Ricard 20-21. Radio Bonaventure propose une expérience d’intimité, discursive et alternative des pratiques des artistes sous un format acoustique alliant des oeuvres sonores, des écrits réalisés pour l’oreille, des performances orales, des ambiances d’ateliers, des histoires inouïes, des rencontres en paroles et en lectures, des playlists musicales, des chambres d’échos, et de rumeurs. Radio Bonaventure explore autant le spectre radiophonique et les grésillements électromagnétiques des ondes hertziennes que la communicabilité du langage et des esprits, des bruits et des silences. Espace d’hybridité, de franchissement et de connexion, Radio Bonaventure trafique librement les trajectoires acoustiques et la circulation des voix à des fins expérimentales et poétiques.

Avec les rêves et les voix de : Alexis, Aziliz, Gabriel, Karolina, Kristina, Marianne, Marie, Maty, Meris, Monica, Paolo, Philippe, Sixtine, Xavier, Zélie.

Et les sons de :

  • Bruxelles, Belgique : Deux sifflets pour un bouchon, Virgile Loiseau
  • Pont de l’Alma, Paris, France : Les barges, Olivier Lasson
  • Goudargues, Gard, France : Nager nu.e, un soir d’été, Noémie Fargier
  • Andavadoaka, Madagascar : Plage, vagues et toucan, François Porcheron
  • Venise, Italie : Anthropogenic underwater noise, Arianna-Niero
  • Madagascar : Lémuriens, RFI
  • Eaubonne, île de France : grenouilles de la nuit, Laurence Allanic
  • Paris, France : marché des Halles en 1952, Michel Créïs
  • Paris, France : Vitrines de Noël des grands magasins du boulevard Haussmann en 1953, Michel Créïs
  • Venise, Italie : Conservatoire de musique, Michel Créïs
  • Venise, Italie: la sirène, Monica Fantini
  • Topolò, Italie : chanson du soir, Monica Fantini
  • Venise, Italie : clapotis, Michel Créis
  • Caxias do Sol, quartier Petropolis, Brésil : les enfants, Monica Fantini
  • Bento Gonçalves, Brésil : train à vapeur, Monica Fantini

Tous les enregistrements sonores entendus proviennent de « La carte des sons », participative et en libre accès (sous licence Créative Commons by NC) du site www.ecouterlemonde.net et/ou des contributeurs de l’émission RFI Écouter le monde.

Une émission réalisée en direct depuis le studio *Duuu / Villette le 21 décembre 2020, 22:00.
Réalisation : Aline Gorisse

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