Écouter sans les yeux - workshops et partage de pratiques
01.06.26
Écouter

Duuu propose au printemps 2026 un programme axé autour des dispositifs sonores et situations “sans les yeux”. Les différents rendez-vous, ouverts au public et retransmis en direct sur Duuu Radio, proposent d’altérer les situations de réception et de transmission, d’assumer un rapport sensible à l’inconnu, et de questionner son environnement physique, sonore, visuel.

Spume Voices
Un atelier proposé par Bettina Samson

L’atelier Spume Voices / Voix d’écume s’intéresse à ces voix différentes dans l’intonation, nuançant notre identité, que nous avons potentiellement en nous. L’expérience concrète de l’atelier vise à explorer l’hypothèse de l’existence de ces Alter Voix parmi nous. Des protocoles expérimentaux de lecture, d’improvisation et de transmission de pratique composeront un terrain commun propice à leur manifestation. L’Alter Voix tient de la possession, de la dépossession et de l’émancipation. Proche des voix rencontrées dans le Trouble Dissociatif de l’Identité, l’alter voix est là pour exprimer, revendiquer, amadouer, se venger, réclamer réparation, déclarer sa flamme, faire peur ou faire rire.

L’exploration progressive de nos voix se déclinera en 3 étapes : la fabrication de Paper Spumes / Ecumes de papier, des pliages de papier situés entre pop-up, origami et Muppet, qui serviront de supports de projection des Alter Voix. L’atelier se poursuivra par la contamination des voix lors de la lecture de textes amenés par les participant·es. Enfin, une improvisation encadrée par un·e chef·fe d’orchestre tentera de libérer les Alter Voix.

Enregistrement : Mathias Dupaquier & Matéo Cuin

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22.03.19
Lire la poésie, à quoi bon maintenant ?
51'26"
Pourquoi lisons-nous (7)
Pourquoi lisons-nous (7)
22.03.19
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Pourquoi lisons-nous #7
Lire la poésie, à quoi bon maintenant ?
Avec Marik Froidefond (maîtresse de conférences à Paris Diderot) et Denise Desautels (poète québécoise)

À quoi bon la poésie et les poètes ? À quoi bon lire ce qui ne sert à rien, ne nous raconte pas d’histoire, n’arrête pas la violence et parfois même nous dérobe son sens. Plus que n’importe quel autre genre littéraire, la poésie suscite la méfiance. Et même les railleries : qu’on la dise irresponsable, élitiste, hermétique ou égocentrique, on a vite fait de l’accuser de tous les maux et surtout de péremption. Pourtant des poètes continuent à écrire et des lecteurs à les lire. Cette persévérance serait-elle
l’indice que la poésie a (encore) quelque chose à nous dire, et nous quelque chose à recevoir ou à exiger d’elle ?

Le Printemps des poètes portera cette année sur la beauté. Peut-être lisons-nous, écrivons-nous dans un monde en grand état de délabrement et de douleur pour croire encore en sa possibilité d’advenir, pour nous donner la chance de la chercher, de l’approcher là où elle se terre, pour entendre parler d’elle même quand tout semble vouloir la nier et même, et surtout peut-être, dans des textes qui la mettent à l’épreuve. Telle est la proposition de Denise Desautels, poète québécoise, avec qui nous dialoguerons. Nous réfléchirons aussi aux façons dont nous lisons la poésie, car la question du pourquoi et celle du comment sont étroitement liées et éclairent la spécificité du rapport que nous pouvons nouer à la poésie. Si on ne lit pas un livre de poésie comme on lit un polar, faut-il pour autant opposer terme à terme lecture fictionnelle et lecture poétique, et considérer l’une (linéaire, cursive, immersive) comme le revers de l’autre (non-linéaire, disruptive, distanciée) ? Enfin, quelles différences y a-t-il entre lire et écouter lire, c’est-à-dire entre l’entretien solitaire et silencieux avec le livre de poésie et sa réception lors d’une performance publique ?

Pourquoi lisons-nous est une enquête sur la lecture comme expérience. Cette enquête est menée à travers le recueil de témoignages de lecteur·trice·s divers.es ainsi qu’un cycle de forums animés par des universitaires, écrivain.e.s et d’artistes sur nos manières de lire et façons d’être. À l’instar du « texte ouvert » tel que le définit Lyn Hejinian, ici, la hiérarchie traditionnelle entre l’auteur et ses lecteurs·trice·s se dissout et se rééquilibre. Chaque témoin, chaque lecteur·trice, chaque universitaire, artiste et écrivain·e est une co-enquêteur·trice dans cette communauté d’expériences.

Ce cycle a été créé par Christopher Alexander Kostritsky Gellert, poète et artiste.
Une émission réalisée en partenariat avec la Bibliothèque des Grands Moulins - Université Paris Diderot et la Fondation des Etats-Unis, enregistrée le 22 mars 2019 à la Bibliothèque des Grands Moulins.

Mixage : Juliette Sedes
Jingle : Juliette Sebes

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