Au printemps 2026, *Duuu a proposé un nouveau cycle du programme Écouter sans les yeux. Les différents rendez-vous, ouverts au public et retransmis en direct à la radio, ont proposé d’altérer les situations de réception et de transmission, d’assumer un rapport sensible à l’inconnu, et de questionner son environnement physique, sonore, visuel.
Écrire sur le seuil - un atelier proposé par Esther Meunier Corfdyr le 4 mai 2026.
Ce workshop s’inscrit dans la recherche de l’artiste qui porte sur les failles - comprises comme objet géologique, physiologique, intime, imaginaire et numérique - failles sismiques, spatio-temporelles, cicatrices, bugs. Ces espaces attestent tout autant d’accidents que de rencontres, et d’ouvertures sur un ailleurs. La faille est un lieu dans lequel quelque chose d’autre peut se manifester et émerger. Dans cette recherche, elle est envisagée comme une hétérotopie, un seuil sur lequel la bifurcation et l’invention sont possibles, mais aussi comme l’espace d’échange privilégié sur nos rapports à l’inconnu, à la vulnérabilité et à la transformation.
Les participant·es ont été convié·es à arpenter des territoires invisibles : des réalités désirées, des voies de passage, des mémoires vives. À travers quatre protocoles d’écriture instantanée, iels ont créé des « cartes postales » sonores envoyées depuis leurs paysages intérieurs. Tandis que la majorité du groupe écrivait, un·e participant·e s’isolait dans un espace à l’écart pour écouter une bande sonore et décrire, en direct, les images et les sensations qu’il·elle percevait. Ces moments d’écoute partagée se sont entremêlés aux lectures des textes produits, créant une polyphonie entre écriture, imagination et perception.
Avec Samuel Dacsta, Felix Vayssade, Tom Rakotomanampison, Quentin Ribac, Zoé Leroux, Maïa Coëffic et Esther Meunier Corfdyr.
Artiste du mouvement et autrice, Esther Meunier Corfdyr dirige la compagnie des Libres Étendues. Elle est membre fondatrice du collectif NSNAMDLM et collabore auprès d’artistes dans les champs des arts vivants et visuels. Son travail porte sur les seuils, appréhendés en tant que territoires, mais aussi en tant qu’états. Elle se consacre au sommeil et à l’hypnose, à la mer et aux failles. Elle y recherche des dynamiques propices à l’émancipation, des modèles de renversements féconds pour penser la violence de nos sociétés. Cultivant les liens poreux entre recherche et création, sa pratique emprunte à la danse, à l’écriture, à la vidéo, au costume et au design. Cherchant les brèches et les ouvertures, son approche pluridisciplinaire vise à créer des dispositifs d’affranchissement, des cadres depuis lesquels d’autres réalités peuvent se révéler. Privilégiant des formats intimistes, les formes qu’Esther Meunier Corfdyr créent s’adressent à tous les publics et s’envisagent comme des hétérotopies à habiter, par le corps et l’imaginaire.
Enregistrement : Mathias Dupaquier & Mateo Cuin
Post-production : Mathias Dupaquier
Avec le soutien de la ville de Paris