Au printemps 2026, *Duuu a proposé un nouveau cycle du programme Écouter sans les yeux. Les différents rendez-vous, ouverts au public et retransmis en direct à la radio, ont proposé d’altérer les situations de réception et de transmission, d’assumer un rapport sensible à l’inconnu, et de questionner son environnement physique, sonore, visuel.
Spume Voices - un atelier proposé par Bettina Samson le 1er juin 2026.
L’atelier Spume Voices / Voix d’écume s’est intéressé à ces voix aux intonations multiples, qui nuancent notre identité et que nous portons potentiellement en nous. L’expérience proposée visait à explorer l’hypothèse de l’existence de ces Alter Voix parmi nous. Des protocoles expérimentaux de lecture, d’improvisation et de transmission de pratiques ont constitué un terrain commun propice à leur manifestation. L’Alter Voix relevait à la fois de la possession, de la dépossession et de l’émancipation. Proche des voix rencontrées dans le Trouble Dissociatif de l’Identité, elle pouvait exprimer, revendiquer, amadouer, se venger, réclamer réparation, déclarer sa flamme, faire peur ou faire rire.
L’exploration progressive de nos voix s’est déployée en trois étapes. Les participant·es ont d’abord fabriqué des Paper Spumes / Écumes de papier, des pliages situés entre le pop-up, l’origami et la marionnette de type Muppet, qui ont servi de supports de projection pour les Alter Voix. L’atelier s’est ensuite poursuivi par une contamination des voix à travers la lecture de textes apportés par les participant·es. Enfin, une improvisation, guidée par un·e chef·fe d’orchestre, a cherché à libérer les Alter Voix.
Avec Anaïs Gauthier, Valentin Lewandowski, Joséphine Denis, Lise Thiollier, Leïla Couradin, Paula Germain Castex et Bettina Samson.
Bettina Samson est artiste plasticienne. Née en 1978 à Paris, diplômée de l’université Paris 1 et de l’école des Beaux Arts de Lyon, elle vit et travaille à Marseille avant de venir s’installer à Aubervilliers. Ses recherches se nourrissent de références à des expériences pionnières d’une modernité appréhendée dans ses formes subalternes ou oubliées. Accordant à l’improvisation, à l‘expérimentation et à l’accident une place prépondérante dans la genèse de ses projets, l’artiste révèle depuis peu l’origine profonde de son travail, les mouvements organiques se déployant en contrepoint de survies successives survenues depuis la naissance. Sculptures en céramique, installations in situ ou scanogrammes sont le récit de gestes transformés, mais aussi le lieu organique où se nouent des liens entre des champs apparemment éloignés: culture populaire et géométrie dans l’espace, animation et animisme, résistance souterraine et féminisme, transe et infiltration dans les process industriels, forces météorologiques, expérience prolongée de l’hôpital. L’artiste est représentée par la galerie Sultana, à Paris.
Enregistrement : Mathias Dupaquier & Mateo Cuin
Post-production : Mateo Cuin
Avec le soutien de la ville de Paris